Timisoara prend une option face à Krasny Yar

Au terme d’une rencontre loin des standards européens, les Timisoara Saracens ont pris un avantage de cinq points (12-17) dans leur duel avec Krasny Yar en demi-finale du Continental Shield. 

Cette rencontre aller disputée à Roustavi en Géorgie ne restera pas dans les annales du rugby. Probablement paralysés par l’enjeu, mais surtout à court de préparation, Russes et Roumains n’ont pas offert le plus beau des spectacles ce samedi. Au delà du score, le match a été marqué par les nombreuses imprécisions, fautes de main et plus globalement, un manque de continuité inquiétant pour deux équipes professionnelles.

Il faut dire que les deux équipes ont considérablement remanié leur effectif en recrutant à tour de bras, de peur d’être trop juste pour cette rencontre capitale. Mais elles semblent avoir oublié l’essentiel dans l’opération ; le collectif. L’entraîneur russe Igor Nikolaychuk avait fait le choix de titulariser une deuxième ligne inédite associant Victor Arhip avec Lasha Lomidze. Cette option a été un échec pour Krasny Yar. L’international moldave, habituellement troisième ligne, s’est montré incapable d’assumer pleinement son rôle du jour. Mais le pire est venu de la recrue trois étoiles Lasha Lomidze. Venu pour une pige de quelques semaines avant de rejoindre les London Irish, l’international géorgien s’est littéralement dérobé durant la rencontre, n’apportant aucune plus-value à l’effectif des vice-champions de Russie.  Malgré ce constat accablant, Igor Nikolaychuk, qui avait à disposition deux internationaux russes (Garbuzov, Fedotko) sur le banc, a attendu plus d’une heure de jeu avant de sortir le Géorgien, plus de 70 minutes pour le Moldave.

Pas sûr non plus que la paire de centres géorgiens Malaguradze-Pruidze ait été un grande réussite pour Krasny Yar. Le premier, auteur d’un 4 sur 6 au but, a tout de même manqué deux pénalités très abordables et n’a pas vraiment brillé dans le jeu, manquant surtout de punch ballon en main. Pour sa part, Giorgi Pruidze, pigiste également, n’a guère apporté à son équipe incapable, au final, de marquer le moindre essai. Les rares étincelles de la rencontre coté russe sont venus exclusivement de Vasily Artemyev. Positionné à l’arrière, le Russe a plusieurs fois déchiré le rideau défensif roumain, sans être particulièrement soutenu.

De son côté, Timisoara a longtemps courbé l’échine avant de prendre l’ascendant. Malgré un premier échec de Jody Rose au but (10e), les Roumains ont été les premiers à inscrire des points au tableau d’affichage après 27 longues minutes. Eugen Capatana profitait d’une pénaltouche parfaitement exécutée pour franchir la ligne. Aidés par une mêlée solide et profitant d’une supériorité évidente sur le plan athlétique, les Roumains ont su contenir les Russes sans dépenser trop d’énergie. Malgré les fautes commises, Timisoara ne s’est jamais trop exposé aux attaques russes.

Paradoxalement, Timisoara a planté ses banderilles en étant en infériorité numérique. Les hommes de Grainger Heikell ont ainsi inscrit leur deuxième essai sur une superbe séquence. En multipliant les passes après contact, les Roumains débordaient les Russes en quelques secondes envoyant la recrue hivernale James Doyle dans l’en-but (9-10, 60e). Le coup de poignard arrivait quelques minutes plus tard alors que Krasny Yar cafouillait un ballon dans les 22 mètres roumains. Jack Umaga transperçait la défense russe sur plus de 50 mètres pour donner dans un fauteuil à Henry Seniloli (12-17, 69e). Le Fidjien inscrivait son premier essai pour sa première apparition avec le club. Les efforts russes pour égaliser étaient vains, les Saracens contenaient encore les Sibériens et repartaient avec cinq points d’avance.

Crédits photo : rugby.ge