Mamuka Losaberidze élu nouveau président en Russie

Après de longues heures d’un débat interminable, Mamuka Losaberidze est parvenu à renverser l’ancien patron de la fédération russe Vyacheslav Kopiev, en place depuis 2003 pour devenir le nouveau président de l’immense fédération russe.

Comme il l’avait évoqué sur Rugby Est il y a un mois, l’ancien international soviet Mamuka Losaberidze a axé sa campagne sur une profonde décentralisation dans les régions. Il n’a jamais cru possible de diriger depuis Moscou l’ensemble du rugby sur ce territoire immense. Il est donc parvenu à réunir une large majorité des présidents de régions derrière lui. Il était également soutenu par le président visionnaire du Kuban Krasnodar Fedor Musatov. Ce dernier prend l’un des trois postes de vice-président.

Mamuka Losaberidze, ancien président du défunt Spartak Moscou a trouvé sa légitimité dans son excellent travail réalisé en tant que vice-président de la RRPL. Sous sa vice-présidence, la RRPL a connu une ascension spectaculaire au niveau sportif. Les parcours européens d’Enisei-STM depuis deux saisons et de Krasny Yar ces dernières semaines ont donné une crédibilité inédite à cette petite ligue qui se débat depuis quelques saisons pour sortir de l’anonymat. Les récentes performances du Kuban, finaliste de la nouvelle Coupe de Russie et du VVA, troisième de RRPL après avoir fait vacillé Krasny Yar en demi-finale, ont clairement solidifié la candidature de Losaberidze. Sous sa vice-présidence, la RRPL a également développé ses moyens de diffusion sur internet ainsi qu’à la télévision pour les phases finales.

L’élection s’est déroulé dans une ambiance lourde. Sentant qu’il avait perdu le soutien de la majorité, Vyacheslav Kopiev a tenté d’obtenir une fusion de sa liste avec celle de Mamuka Losaberidze, laissant à ce dernier la vice-présidence. Finalement l’ancien demi-de-mêlée de Bédarieux a été élu alors que les soutiens restants à Kopiev quittaient l’assemblée.

Cette élection est la consécration d’une vie dédiée au rugby pour cet homme de 50 ans dont le parcours a toujours été fait de premières. Premier joueur soviétique à évoluer en France, Mamuka Losaberidze devient également l’un des 15 premiers internationaux géorgiens de l’histoire en 1989 face au Zimbabwe. Ce sera son unique sélection avec la Géorgie. Dans les années 2000, il devient l’entraîneur puis le président du Spartak GM. Cette expérience virera à l’échec avec la disparition du club en 2013.

Désormais à la tête de la fédération où les soutiens de l’ancien président ont tous disparu, Mamuka Losaberidze va tenter de mettre en place son programme très ambitieux. L’actuel entraîneur national Alexander Pervukhin qui s’est vertement opposé au nouveau président il y a quelque jours ne devrait pas passer l’hiver. Les résultats en dent de scie de la sélection ces derniers mois ne plaideront pas pour lui. Mais dès février, les qualifications à la Coupe du monde débute. La question du prochain sélectionneur devra donc être rapidement résolu.