Luka Yurin « Le groupe géorgien U20 est très solide cette année »

International moins de vingt ans, l’ailier Luka Yurin fait parti de ces jeunes géorgiens à avoir tenté l’expérience en France. Il nous raconte son parcours et nous donne son point de vue sur le groupe de la Géorgie U20 qui disputera sa seconde Coupe du Monde U20 consécutive.

Bonjour Luka, peux tu présenter ton parcours rugbystique à nos lecteurs ?

Bonjour, je suis né à Tbilissi le 13 Mai 1997. Le rugby est une histoire de famille, mon père et mon oncle ont pratiqué ce sport à haut niveau, mon oncle à fait parti de l’équipe nationale géorgienne durant des années. J’ai commencé le rugby à l’âge de cinq ans dans le club de l’Akademia Tbilissi. À mes treize ans, j’ai connu ma première sélection avec l’équipe de Géorgie -15 ans. Lors d’un tournoi qui se déroulait en France à Vienne, un membre du staff du LOU m’a repéré et m’a proposé de les rejoindre. Je suis donc arrivé à Lyon en minimes (U15) et j’ai depuis toujours évolué dans ce club, jusqu’à aujourd’hui ou j’évolue avec les espoirs.

Es-tu satisfait de ton temps de jeu avec les espoirs du LOU ?

L’an dernier, pour ma première année en espoirs, j’avais beaucoup de temps de jeu. Je faisais parti d’une équipe bien huilée qui a su aller jusqu’en demi finale du championnat de France, je jouais deuxième centre ou ailier. Mais avec des blessures à répétition à l’ischio droit, j’ai été écarté du terrain pour un certain temps. Je n’ai pas pu disputer la demi finale contre Mont de Marsan ni participer au stage préparatoire de la Géorgie U20 en vue du mondial ou j’étais surclassé. J’ai pu reprendre le rugby en septembre dernier. Hormis lors de ma blessure, je suis satisfait du temps de  jeu que j’ai cette année; je joue régulièrement ailier et je trouve que cela me permet de mieux évoluer.

Tu as pris part à la tournée des jeunes Lelos en novembre dernier, ou vous avez affronté l’Ulster Development XV (victoire 27-12) et l’Ecosse U19 (victoire 21-17). Qu’as tu pensé de cette tournée ?

Oui nous avons effectué une tournée en Irlande et Ecosse. Lors du premier match, j’ai joué second centre. C’était mon premier match avec la sélection depuis longtemps, ça m’a fait énormément plaisir de rejouer pour les couleurs de mon pays. Lors de cette victoire en Irlande, j’ai reçu un coup de genou. J’étais off pour le match suivant en Ecosse mais le match s’est également terminé par une victoire. Le bilan de cette tournée est très positif, nous obtenons deux victoires en deux matchs, le groupe a su montrer sa maturité dans le jeu, sa solidité dans les conquêtes et sa bonne organisation dans le jeu.

La Géorgie va organiser en mai et juin prochain la Coupe du Monde U20, pour la première fois de son histoire. Quel est l’objectif de la sélection ?

La groupe -20 ans cette année est très solide, avec un nombre assez important de joueurs qui étaient surclassés lors du dernier mondial, le groupe se démarque de par sa maturité et son expérience pour cette compétition. La fédération géorgienne fais tous les préparatifs nécessaires pour que la compétition se déroule dans les meilleures conditions. Cette année, nous avons encore une très grosse poule, mais nous avons les atouts pour pouvoir se battre pour la victoire lors de chaque match. Notre objectif est clairement d’aller chercher la victoire à chaque opportunité dans cette Coupe du Monde et nous avons le groupe pour rivaliser avec n’importe quelle équipe.

Toi qui évolue dans le championnat espoirs, penses-tu que les joueurs de la sélection U20 y auraient leur place ?

J’ai cette chance de pouvoir comparer les joueurs géorgiens à ceux que je croise sur les terrains français et croyez-moi que l’écart, qui était important il y a quelques années, est quasiment inexistant à ce jour. Chaque joueur qui fait parti du groupe georgien -20 a de loin le niveau pour évoluer en France. Cela montre la progression impressionnante du rugby géorgien.

Justement, quel est ton point de vue sur l’évolution du rugby géorgien ?

Le rugby géorgien progresse de plus en plus chaque année !  C’est un fait reconnu par le monde ovale. Notre pack pose problème à chaque adversaire qu’on affronte. De saisons en saisons, notre jeu devient de plus en plus complet. De plus en plus de jeunes font parti de l’équipe première, cela montre l’importance et la qualité de la nouvelle génération.

Tu as eu la chance de jouer pour la Géorgie à 7. Quel sont tes objectifs personnels à moyen terme ?

Je venais d’avoir 18 ans lorsque j’ai été appelé par l’équipe de Géorgie à 7 pour la tournoi de Lyon. C’était une expérience inoubliable pour moi ! J’ai eu le privilège d’affronter la France, l’Italie, le Portugal… C’était un honneur pour moi de jouer face à des joueurs comme Terry Bouhraoua, Fulgence Ouedraogo ou encore Rémy Grosso. C’est une expérience que je ne suis pas prêt d’oublier ! Mon objectif pour le moment c’est d’être au top de ma forme et de mes capacités pour la Coupe du Monde U20.

Un dernier mot pour les lecteurs de Rugby Est ?

C’est un immense plaisir de voir des sites comme Rugby Est qui font ce travail si important de représenter sous son meilleur angle le développement des pays moins médiatisés que les grosses nations. C’est une chose monumentale que de montrer l’existence et l’évolution dynamique du rugby dans les pays de second rang. Certaines équipes comme la Géorgie devrait avoir le droit de s’inviter dans le top des compétitions européennes, le Six Nations.