Le Poli Iasi de George Sava veut encore surprendre

Promu en SuperLiga cette saison, Iasi a fait une entrée fracassante dans la compétition en remportant 2 de ces 6 rencontres des matchs aller durant l’été. Le club entraîné par l’emblématique George Sava espère continuer à déjouer les pronostics pour la phase retour qui démarrera fin mars.

Le Poli Iasi a connu un hiver tumultueux en coulisse. Un président intérimaire a dû être nommé après la démission de Leonid Antohi. Le nouveau président du club, Vasile Manole, également président du club des échecs du Poli, aura besoin de tous ses talents de stratège pour permettre au club de retrouver une situation saine. Il devra composer avec les retards de paiement de salaire laissés par son prédécesseur. Certains joueurs nous ont confié leur inquiétude quant à l’impact que cela pourrait avoir sur le groupe à la reprise et George Sava ne cache sa préoccupation sur le sujet : « J’espère que les problèmes financiers vont se régler très vite, il faut qu’on reprennent l’entrainement en intérieur le 20 janvier« .

Si les premiers pas du Politehnica ont surpris les autres équipes de SuperLiga, ce fût loin d’être le cas pour George Sava. L’ancien joueur international roumain qui a contribué à la dernière victoire en date de la Roumanie face à la France en 1990 s’est reconverti avec succès sur le banc. Il est notamment passé par Enisei-STM, y gagnant trois titres au passage, le Steaua, mais aussi l’équipe nationale, notamment en tant qu’entraîneur des arrières à la Coupe du monde 2003. A Iasi, George Sava avait bien préparé son affaire. « Pour moi ce ne fût pas un surprise, j’ai trouvé ici un groupe de jeunes joueurs qui évoluait en deuxième division et qui voulait progresser. Le plus important, c’est qu’ils voulaient se surpasser« .

Le technicien roumain a également procédé à des recrutements déterminants dans les résultats de son équipe. « Nous avons réussi un beau recrutement au Tonga et en Afrique du sud, ce n’est jamais simple pour ces joueurs de s’intégrer rapidement en Roumanie« . JP Taljaard a d’ailleurs fait ses valises après quelques semaines faute d’une intégration réussie. « Certains étrangers pensent que c’est simple de venir en Roumanie, mais la SuperLiga est un championnat exigeant » poursuit George Sava. Iasi a donc profité des talents de l’international à 7 tongien Atalea Moa, auteur de 5 essais en 6 matchs. « Atelea a eu beaucoup de ballons, il a bénéficié de l’effet de surprise et a profité des espaces« . Aussi, George Sava est venu du Steaua en emportant Nicholas Moa avec lui. Le numéro 8 de 23 ans a fait des débuts remarqués avec sa nouvelle équipe en étant notamment décisif lors de la victoire historique face au CSM (39-19).

Le Poli a pu également bénéficier de l’apport considérable du jeune sud-africain Hein Bezuidenhout, ancien arrière des Griffons. Et George Sava espère qu’il progressera encore au printemps. « Mon premier mois a été compliqué, mais j’ai pu élevé mon niveau de jeu« , explique Hein Bezuidenhout. « Maintenant je vais hisser mon niveau de jeu. Je me suis fixé des objectifs. J’essaie de progresser en Roumain également« . Et pour George Sava : « C’est un joueur important, il parvient à rendre meilleur autour de lui quand il est à son meilleur niveau« . Son compère Shaun Prins ne cache pas qu’il veut viser très haut pour la fin de saison. « Tous les étrangers sont en très bonne condition, on va avoir une équipe nettement meilleure au printemps. On s’attend à réaliser la meilleure saison de l’histoire du club« . « Nous sommes déterminés à ne pas terminer dernier » tempère George Sava.

La légion étrangère de Iasi s’agrandira encore cette saison. Deux joueurs sud-africains (un troisième ligne et un centre) rejoindront le Politehnica dès le mois de février. « Les deux joueurs ont joué en Currie Cup, ils sont en attente de visa » explique George Sava. Ces deux joueurs entreront dans le système de rotation que le technicien roumain aime à pratiquer surtout en coupe. « Je fonctionne beaucoup avec le turn-over. Cela permet de préserver les jeunes joueurs et de limiter le risque de blessures, il faut 30, 35 joueurs pour faire une saison« .

Le Poli peut également compter sur sa jeunesse roumaine pour continuer à progresser. George Sava a notamment sorti de son chapeau trois éléments promis à un avenir radieux : Le talonneur Tudor Butnariu (21 ans), le colosse deuxième ligne Andrei Toader (20 ans) et surtout l’ouvreur Daniel Plai, 22 ans, véritable pépite du rugby roumain. « Son développement est loin d’être terminé. Il n’est pas encore prêt pour le très haut niveau pendant 80 minutes. Il doit également travailler sur son mental. Il peut devenir un très bon joueur en progressant pas à pas. Il pourrait devenir l’ouvreur de la Roumanie dans quelques années« . Face aux solicitations des gros clubs, George Sava garde l’espoir que cette équipe grandira avec lui à Iasi. « J’espère que le club aura la puissance financière suffisante à l’avenir pour garder ce groupe en formation« .

En attendant un soutien financier conséquent, Iasi peut compter sur un public fidèle et un environnement favorable au rugby dans la région roumaine de Moldavie. Iasi espère devenir le club référence et nouer des liens particuliers avec les clubs de Suceava, Barlad et Galati. « Tout change en ce moment, il faut créer des connexions avec les clubs de la région. Iasi doit devenir le club emblématique de la région de Moldavie« , selon George Sava.

Iasi pourrait bientôt devenir une référence en matière d’infrastructure car deux projets de stade de rugby sont à l’étude dans la ville. Un projet adoubé et en partie financé par le gouvernement roumain attend le déblocage du budget de la mairie pour démarrer. D’ailleurs la réception de l’Espagne le 18 février au stade Emil Alexandrescu pourrait définitivement convaincre le maire. « Tout le monde attend le match dans la ville, on ne parle que de ça. » selon George Sava. Pourtant le stade Emil Alexandrescu n’a jamais accueilli de match du Poli Iasi rugby. « On est espère jouer un jour dans le grand stade mais il faut convaincre les footballeurs qu’on ne va pas abîmer la pelouse« .

Tout comme Stefan Demici du Dinamo Bucarest, George Sava soutient Alin Petrache pour l’élection à la présidence de la FRR en mars prochain. « A titre personnel, c’est l’homme qu’il faut et j’espère qu’il va devenir président« .

Avant de reprendre le championnat le 19 ou le 26 mars (actuellement en discussion), le Poli jouera probablement dans un tournoi de préparation à Chisinau. « Nous devrions jouer dans un tournoi face à deux équipes de République de Moldavie et une équipe ukrainienne. Nous avions pensé au Credo 63 d’Odessa. Mais l’Olimp de Kharkov veut y participer. Ce tournoi est important car il est nécessaire de développer le rugby en République de Moldavie« .