La Russie évite le pire en Belgique en passant par un trou de souris

La Russie s’est évité une cuisante humiliation ce samedi en gagnant à la sirène (18-25) face à la Belgique à Bruxelles. Le Japon semble bien loin.

Le mal russe semble profond. Après une prestation collective indigente face à l’Espagne à Madrid, les Ours ont été incapables de produire un jeu rapide et efficace. Les joueurs russes ont manqué cruellement d’adresse, mais surtout, souffre sur le plan physique, ce qui a toujours été leur point fort. Ainsi, la Belgique a été proche de remporter un succès inédit ce samedi à Bruxelles.

En menant 12 à 3 au bout de 10 minutes grâce à des essais minutieux de Victor Gresev et Andrei Garbuzov, les Russes semblaient s’être facilité les choses. Les Ours profitaient clairement d’une meilleure organisation sur le terrain, notamment dû à une meilleur préparation. Mais le match s’est rapidement empêtré dans l’à-peu-près. Les fautes succédant aux maladresses, la rencontre perdait toute intensité. Un essai splendide des Belges à 3 minutes de la pause rappelait aux Russes que la Belgique avait également des atouts à faire valoir. Sur une relance proche des 22 mètres, le Perpignanais Jens Torfs transperçait une défense russe inquiétante pour traverser une bonne partie du terrain. Proche d’être repris, il poursuivait son action par un astucieux coup de pied à suivre que Charles Reynaert récupérait dans l’en-but adverse après un rebond chanceux. A 8-12 à la mi-temps, tout était à refaire pour les visiteurs.

La situation ne s’améliorait pas au retour des vestiaires. La Russie, étrangement sans repère, concédait une mêlée à cinq dès les premières minutes. Les Belges infligeaient, dès lors, une épreuve de force inattendue aux Russes, en mêlée. Après avoir concédé plusieurs pénalités, alors qu’on semblait proche de l’essai de pénalité, Thomas de Molder s’échappait de derrière la mêlée pour trouver l’en-but (50e). La transformation d’Alan Williams permettait aux Belges de prendre trois points d’avance.

S’ensuivit un échange de pénalités entre les deux équipes. Les Russes revenaient deux fois au score (15-15, puis 18-18), grâce notamment à l’esprit d’initiative de Ramil Gaisin. Dans les dernières secondes de la rencontre, les Russes amenaient le ballon devant la ligne belge. Après un combat intense, Evgeni Elgin perforait le rideau et aplatissait dans l’en-but.

La Russie devra se reprendre très vite si elle ne veut pas connaitre une énorme désillusion dans les prochaines semaines. Depuis des années, les Russes ont axé leur jeu sur une énorme discipline, tant en attaque où leurs offensives semblent sortir d’un livre de tactique, qu’en défense, où leur organisation quasi militaire leur permettait de palier à une technique de plaquage rudimentaire. Aujourd’hui, le groupe semble ne plus pouvoir répondre à cette exigence sur 80 minutes, probablement par lassitude. Le temps est peut-être venu de laisser place à l’expression des quelques talents.