La Géorgie manque son examen

La Géorgie a été nettement dominée par l’Ecosse, samedi à Kilmarnock (43-16), manquant une occasion de prouver qu’elle a sa place au sein du Tournoi des 6 Nations.

Le plus inquiétant a été de voir que la Géorgie a clairement manqué d’actions de génie durant cette rencontre. Hors pour pouvoir prétendre au plus haut niveau mondial, il faut, avant tout, des joueurs, des talents d’exception. C’est ce qui caractérise le haut niveau. Depuis des années, la Géorgie souffre de la présence persistante de joueurs « quelconque » à trop de postes. Ainsi, l’Ecosse a mis en évidence les limites des ailiers, arrières et ouvreurs de la Géorgie, tant au niveau athlétique, techniques ou physique. Il n’est pas anodin de constater qu’aucun joueur des lignes arrières n’évolue dans un grand championnat. Les entraîneurs ont des raisons pour les ignorer malgré leur exposition médiatique importante.

La rencontre avait pourtant débuter de belle manière pour les Lelos qui inscrivait le premier essai de la partie au bout de quatre petites minutes par Vasil Lobzhanidze. Le demi de mêlée de Brive échappait à l’attention de la défense écossaise petit coté, suite un maul au 22 mètres, et marquait en coin. La réponse écossaise ne tardait pas. Tommy Seymour prenait de vitesse Giorgi Aptsiauri et Merab Kvirikashvili suite à un coup de pied astucieux de Stuart Hogg près de la touche. Greig Laidlaw ajustait la transformation (7-5, 9e).

Quelques instant plus tard. Les Écossais imposaient une longue séquence qui se terminait par une grossière faute au sol de Tamaz Mchedlidze. Les locaux profitaient d’une touche à 10 mètres pour former un maul d’école et pousser les avants géorgiens à une faute sanctionnée d’un essai de pénalité par l’arbitre Matthew Carley (14-5, 15e). Konstantin Mikautadze était, par la même occasion, envoyé 10 minutes sur le banc. Merab Kvirikashvili réduisait le score 35 mètres face au poteau quelques secondes plus tard (14-8, 18e).

Sur le renvoi de Finn Russell, Mark Bennett effectuait une superbe réception dans les 22 mètres géorgiens au nez et à la barbe d’Alexander Todua. Après plusieurs temps de jeu devant la ligne, Greig Laidlaw servait Sean Maitland qui passait en puissance entre Vasil Lobzhanidze et ce même Todua (21-8, 21e). L’Ecosse prenait confiance et continuait à jouer debout, la défense géorgienne était asphyxié. La télévision montrait alors une stat inquiétante sur la physionomie de la première période : la Géorgie en était à 76 plaquages dont 10 manqués, l’Ecosse à 4 plaquages dont 3 manqués. Greig Laidlaw ajoutait trois points aux siens (24-8, 28e).

Un belle mêlée géorgienne lors d’une rare incursion dans les 40 mètres écossais permettait à Merab Kvirikashvili d’inscrire trois nouveaux (24-11, 33e). Dans les minutes suivantes, la Géorgie profitait d’une belle conquête pour produire plusieurs temps de jeu mais une passe médiocre de Merab Kvirikashvili atterrissait dans les pieds des trois quarts, Tamaz Mchedlidze commettait alors l’erreur de taper négligemment dans le ballon pour donner un beau ballon de contre aux Écossais. Ses derniers n’en attendaient pas autant, Bill Russell servi sur ses 40 mètres optait pour un petit par dessus qui prenait à défaut 8 défenseurs géorgiens, l’arrière écossais récupérait le ballon et sprintait sur 40 mètres pour marquer en coin (31-11, 36e).

Au retour des vestiaires, les Écossais continuaient d’exploiter les failles géorgiennes. Un mouvement sur l’aile gauche entre Stuart Hogg et Tommy Seymour mettait le feu à la défense géorgienne qui concédait une pénalité pour obstruction à 5 mètres de la ligne. Hamish Watson s’échappait petit coté du maul consécutif à la pénaltouche et inscrivait le 5 essais écossais. Greig Laidlaw poursuivait son festival en transformant en coin (38-11, 44e). Sûre de l’issue de la rencontre, l’Ecosse relâchait la pression, mais la Géorgie ne profitait pas d’une pénaltouche bien contenu par les avants locaux.

Les Géorgiens s’engouffraient dans le temps faible des Écossais pour produire plus de jeu et engager un combat d’avants. Vasil Lobzhanidze inscrivait son deuxième essai personnel en aplatissant derrière la mêlée emmené dans l’en-but par la Géorgie (38-16, 54e). Dès lors, la Géorgie monopolisait le ballon, mais démontrait son impuissance à proposer un jeu dangereux pour les meilleures défenses du monde. La rencontre perdait alors en qualité et les fautes de main et pénalités grossières se succédaient des deux cotés. La touche géorgienne était contré à des moments clés par les frères Gray.

Moray Low était envoyé sur le banc de touche pour des fautes répétés en mêlée (74e). Malgré cet avantage numérique, c’est bien l’Ecosse qui inscrivait les derniers points de la partie. Fraîchement entré en jeu, Ali Price jouait rapidement une pénalité sur ses 10 mètres et enrhumait toute la défense géorgienne, notamment Giorgi Begadze. Il servait intérieur Rory Hughes qui donnait à Stuart Hogg dans un fauteuil pour un essai de 90 mètres. La coupe était pleine (43-16, 78e).

Face à une Ecosse, plus que jamais revenue au plus haut niveau, la Géorgie a démontré le long chemin qu’il lui restait encore à parcourir pour aligner une équipe capable de rivaliser. Milton Haig ne devrait avoir aucune gêne à écarter dès maintenant la grande majorité de sa ligne de trois quarts actuel pour titulariser de très jeunes joueurs encore en formation.

Crédit photo : GRU