Krasny Yar échappe au brouillard pour se qualifier

Krasny Yar s’est qualifié avec brio pour les barrages de la Challenge Cup en battant le champion d’Italie sortant, Rovigo sur sa pelouse (11-42). Le vice-champion de Russie, auteur d’un parcours parfait avec quatre victoires bonifiées, devance Petrarca d’un point.

Les choses n’ont pas été aussi simple que le score semble l’indiquer. Bien que dominateurs sur tous les secteurs de jeu hormis la mêlée, les Russes ont balbutié leur jeu en commettant de nombreuses erreurs en attaque. Les Russes sont finalement parvenus à faire la différence en seconde période sans forcément accélérer mais surtout grâce aux limites peu rassurantes de leurs adversaires italiens. Car il faut bien le dire, le niveau de jeu affiché par Rovigo durant toute la rencontre a fait peine à voir. Les Italiens ont accumulé les bévues aux pieds, dans le jeu de trois-quarts, au niveau défensif. Le rugby italien semble au plus mal.

La rencontre débutait sous les meilleurs hospices avec un essai de Vasily Artemiev sur la première incursion des Russes dans les 22 adverses. Après une très longue séquence de jeu, le capitaine russe profitait d’un trou béant dans la défense italienne pour aplatir. Lasha Malaguradze transformait (0-7, 7e). Par la suite, les Italiens parvenaient à priver les Russes de la possession du ballon grâce à une mêlée supérieure mais ils se montraient incapables d’imprimer de la vitesse au jeu. Stefan Basson profitait d’un hors-jeu russe pour réduire le score face aux poteaux (3-7, 17e).

Les Russes réagissaient dans l’immédiat en profitant d’une pénaltouche. Oleg Prepelita s’échappait du maul et échappait à la défense italienne pour aplatir sans difficultés (3-14, 20e). La facilité déconcertante des Russes à franchir la ligne semblait indiquer un cavalier seul des visiteurs, mais il n’en fût rien. Profitant d’une équipe russe trop prudente et indisciplinée dans les rucks, les Italiens parvenaient à abaisser le rythme de la rencontre. Chritstiaan Momberg aplatissait suite à un maul consécutif à une pénaltouche (8-14, 28e). Enchaînant les fautes au sol et en mêlée, les Russes permettaient aux Italiens d’occuper le terrain. Faute de mieux, Stefan Basson inscrivait un drop de 35 mètres face aux poteaux (11-14, 36e). Krasny Yar revenait dans les 22 adverses dans la foulée mais se montrait toujours aussi indiscipliné. « On a eu de gros problème en mêlée, puis on a commis beaucoup de fautes au sol, nos piliers ont manqué discernement » explique le deuxième ligne Andrei Mahu.

A la pause, Igor Nikolaychuk faisait entrer Anton Ryabov en demi-de-mêlée, Vasily Dorofeev faisant les frais d’une piteuse deuxième partie de première mi-temps. Au retour des vestiaires, malgré les erreurs grossières des Italiens, les Sibériens ne parvenaient pas aggraver la marque à cause de quelques petites fautes de main. L’entrée d’Azamat Bitiev en pilier droit faisait un bien fou à la mêlée russe. Dès lors, la domination des visiteurs était totale. Lasha Malaguradze manquait une pénalité largement dans ses cordes aux 22 mètres (55e). Mais le match était à sens unique.

Matteo Ferro était exclu pour 10 minutes suite aux fautes répétées d’une équipe italienne aux abois (56e). Sur la pénaltouche consécutive à la pénalité, les Russes enchaînaient les petits tas jusqu’a ce que Sione Fukofuka aplatisse sur la protection des poteaux (11-21, 59e). Sione Fukofuka libérait les siens en inscrivant l’essai du bonus suite à une énième faute grossière au pied des Italiens (11-28, 67e). Délesté du poids de la qualification, les joueurs en vert exploitaient enfin les failles de la défense italienne. Vasily Artemiev, parfaitement servi par Sione Fukofuka dans la ligne, transperçait toute la défense italienne sur 30 mètres (11-35, 68e). « Nous avons poussé avec nos avant en début de seconde période, les Italiens ont flanché sur le plan physique en fin de rencontre, ils n’ont plus jamais vu nos 22 mètres » poursuit Andrei Mahu. Quelques minutes plus tard, Victor Gresev effaçait une bonne partie de la défense italienne au sortir d’une mêlée et servait Andrei Keller dans un fauteuil, (11-42, 80e). « En avril, il faudra proposer autre chose pour aller plus loin. C’était la partie facile, le plus dure est devant nous » conclut Andrei Mahu. Krasny Yar affrontera Timisoara en barrage en avril prochain.

Rovigo : Basson; Arrigo (Pavanello 45e), Barion, Modena (Loro 66e), Apperley ; Rodriguez, Lucchin (Mantelli 66e) ; Ferro (Ortis 66e), E. Lubian, Brancoli (Boggiani 49e) ; Parker, Cicchinelli ; Iacob (Pavesi 59e), Momberg (Cadorini 68e), Muccignat (Balboni 68e).

Krasny Yar : Kumenko (Rudenko 67e) ; Keller, Artemyev, Malaguradze, Galinovskiy (Kolomiitsev 67e) ; Paea, Dorofeev (Ryabov 41e) ; Prepelita, Arhip (Fedotko 71e), Gresev ; Garbuzov, Mahu (Gotovtsev 53e) ; Tsiklauri (Bitiev 45e), Tsnobiladze (Novoselov 67e), Fukofuka (Bazhenov 67e).