Interview avec Yohan Chamoulaud (RC Batoumi)

Le demi de mêlée français Yohan Chamoulaud, qui évolue à Batoumi dans le championnat géorgien, répond à nos questions

Bonjour Yohan. Peux-tu nous présenter ton parcours rugbystique ?

J’ai commencé le rugby à 4 ans à l’école de rugby de Soyaux ( Soyaux-Angouleme XV). Je ne pouvais pas jouer les matchs mais comme mon père était du club cela ne posait pas de problème. J’ai donc continué pratiquement toute mon école de rugby la bas . J’ai ensuite déménagé à Cognac,  à 30km de Soyaux, avec ma famille. J’ai passé mes meilleures années de rugby à Cognac ou je m’y suis fait des amis pour la vie. En l’occurrence j’ai comme super souvenir avec eux notre saison 2011/2012 ou nous étions que 23 licenciés et nous arrivons en quart de finale du championnat de france juniors. J’ai ensuite eté contacté par Dax et Brive cette saison la . Puis j’ai continué mon aventure sportive a Dax . Après 1 ans passé la bas j’avais besoin d’une aventure autre qu’en France. Mon beau-père étant géorgien et ayant participé à la Coupe du Monde m’a toujours donné l’envie de découvrir son pays à travers ses histoires. Alors je suis parti rallier le club de Batumi en Géorgie, qui m’a fait signer mon premier contrat pro a 19 ans, grâce a un ami très proche de mon beau-père qui m’a mis en contact avec eux . Je suis resté 2 ans la bas. Puis j’ai eu ce besoin de retrouver ma famille et de mettre ma carrière de côté. Alors je suis reparti un an a cognac , ou j’y ai retrouvé ma famille et mes amis . Mais au bout du compte je suis fait pour jouer au rugby et cela me manquait terriblement. Les entraînements, l’adrénaline des matchs importants, le dépassement de soi et tout ce qui tourne autour de la vie d’un joueur professionnel. Puis Batumi m’a recontacté alors que j’étais en vacances cet été en Georgie, puis me revoilà parti pour une aventure d’un an.

Que penses tu du niveau du championnat géorgien par rapport a ce qu’on voit en France?

C’est un championnat très physique, il y a dix équipes, et 6 d’entres elles jouent le titre. Tous les matchs sont importants. Souvent, l’équipe qui craque physiquement perd le match. Sincèrement c’est très intéressant d’évoluer ici, car en France on peut se cacher . Ici c’est impossible. Si un joueur triche l’équipe en paye le prix aussitôt . Je ne pense pas qu’une mêlée de Federale 1 tiendrait une mi temps contre une mêlée de ce championnat. Après, tactiquement, derrière ça reste faible. Mais les défenses sur l’homme sont très dures. Ça reste difficilement comparable , mais je pense que les grosses équipes de ce championnat pourraient se loger facilement entre Federale 1 et Pro D2 du à l’intensité physique des matchs. Ça tape dur, et les contacts sont souvent très violents. Si tu t’y files pas à 200% même contre l’équipe la plus faible tu ne passes pas . En France c’est plus du jeu à la baballe. Ce qui et sans doute plus joli à voir mais beaucoup moins intensif…

Batoumi est le seul club du Didi10 à compter des étrangers puisque Corne Niuwenhuizen et Taku Chieza font également parti de l’effectif. Penses-tu que cette tendance va s’accentuer dans les années à venir, à Batoumi comme dans les autres clubs ?

La plupart des clubs tentent de rapatrier leurs joueurs parti en ProD2 ou Federale 1. Le rugby devient très populaire ici grâce à la montée en puissance de leurs équipes nationales. La fédération géorgienne fait un super boulot. C’est impressionnant de voir comment le championnat évolue de saison en saison. Je pense que oui ça va devenir une tendance pour renforcer les effectifs des clubs. Mais ils regardent beaucoup leurs jeunes et ils leur donnent plus facilement leur chance qu’en France. Je pense qu’il préféreront toujours un très bon géorgien au poste qu’un étranger un peut au dessus. Ce qui est, je pense, la meilleure solution pour faire avancer leur équipe nationale.

Tous les joueurs sont ils professionnels ? Les contrats sont ils comparables à ce que peut toucher un joueur en France ?

En première division (Didi10) nous sommes tous professionnels, avec des infrastructures flambant neuves financé par la fédération et ce, pour chaque club. Concernant les contrats, je dirais que ça dépend pour certains. Mais tous ont un salaire supérieur au salaire moyen géorgien . D’autres gagnent mieux leur vie qu’en Federale 1 en France, ça c’est certain.

As-tu l’ambition de jouer un jour pour la Géorgie ?

Cela serait forcément genial, c’est sur . Mais ils ont un très bon numero 9, Lobzhanidze, qui est jeune. Pour prendre sa place il me faudrait être bien au dessus de lui. Et c’est vraiment un futur très grand joueur, jeune et bourré de talent. Donc je continue mon avancée, si cela devait arrivé, ce serait juste incroyable de pouvoir jouer pour les Lelos!

Aux vues de sa progression en particulier chez les jeunes, vois tu la Géorgie atteindre les quarts de finale de la prochaine Coupe du monde ?

La prochaine Coupe du Monde, je pense que cela serait un peut tôt. Mais avec un bon tirage ils pourraient passer. S’ils continuent sur leur progression actuelle, ils feront parti des grosses nations du rugby plus tôt qu’on le croit.

Un grand merci Yohan pour cet interview. Un dernier mot pour les lecteurs de Rugby Est ?

Le rugby sera pour nous tous la plus belle aventure de notre vie !