Humiliée en Suisse, l’Ukraine prend le train de la descente

L’Ukraine, largement battue ce dimanche en Suisse (54-18), sera, sauf miracle, reléguée en Conférence 1 Rugby Europe la saison prochaine. L’échec est patent pour l’ensemble du rugby ukrainien.

L’Ukraine a donc subi une énième déroute ce dimanche à Genève. Après les corrections subies face aux Pays-Bas à domicile (21-54), en Pologne (22-0) et en Moldavie (54-15), la défense ukrainienne a explosé pour la quatrième fois en autant de match face à la Suisse. La sélection helvète, qui menait 21-13 à la pause grace à deux essais d’Ashley Cumbers et Simon Perrod, a pris le large en seconde période en inscrivant cinq essais. Les deux maigres essais de Ruslan Radchuk et Mykola Alexandryuk n’ont rien changé à l’affaire, les jaunes et bleus ont encore exposé toutes leurs faiblesses.

En étant humiliée de la sorte par le promu en Trophée Rugby Europe, l’Ukraine a démontré qu’elle n’y avait clairement plus sa place. Une différence de niveau flagrante avec les autres composants de la compétition a été exposée. Touchée par le vieillissement de ses cadres, l’Ukraine a affiché des lacunes sur le plan physique, mais également sur le plan technique, là où les autres sélections ont fait éclore de nouveaux talents, mieux formés.

Le 17 mars 2012, l’Ukraine, alors en Tournoi B, remportait un succès historique face au Portugal, son unique victoire à ce jour contre une équipe ayant participé à la Coupe du monde. En cinq ans, la sélection s’est effondré, perdant en vitesse, en endurance, en discipline et en étant dépassé sur son positionnement défensif, sa technique de plaquage, son jeu au pied. Le pays semble avoir été incapable de trouver une jeune génération à la hauteur des attentes.

Empêtré dans la domination stérile de l’Olimp Kharkov et du Credo 63 Odessa, puis unique de l’Olimp, le championnat ukrainien n’a fait émergé aucune nouvelle génération de joueurs, condamnant son équipe nationale au déclin. Pire, les rares jeunes joueurs à avoir émergé n’ont pas pu progresser faute de référence et de concurrence. Malheureusement, il semble bien que le pire soit à venir. Rien ne garantit que l’Ukraine pourra remonter rapidement, car au niveau inférieur, elle sera confronté à la génération montante de la Lituanie, de la Lettonie et de la Croatie.

Le 1er avril prochain, l’Ukraine affrontera le Portugal avec la peur au ventre. Celle d’encaisser une défaite historique face à ce même adversaire qu’elle dominait il y a cinq dans le même Spartak Stadium d’Odessa.

Crédits photo : Elbrus Studio