Gaisin ou Kushnarev ? Le casse-tête de l’ouvreur

Ramil Gaisin ou Yuri Kushnarev ? C’est le terrible dilemme auquel est confronté Alexander Pervukhin chaque week-end, que ce soit avec Enisei-STM (Krasnoyarsk) ou la Russie. Les deux joueurs ont des qualités indéniables qui en font des demi-d’ouverture de choix.

Ramil Gaisin est en pleine ascension. Après sa première cap en 2012 face au Canada, le pur produit d’Enisei a mis un certain temps à s’installer au très haut niveau. Il ne se maintient définitivement en équipe de Russie que deux ans plus tard. Lors du Tournoi B 2015, il commence la compétition à l’arrière, Pervukhin lui confie finalement le poste d’ouvreur face à la Roumanie, la Géorgie et le Portugal.

Ses qualités sont celles d’un 10 très joueur, très vif et doté d’une superbe pointe de vitesse développé à 7. L’âge de Gaisin parle pour lui. Il sera probablement le maître à jouer des Russes dans les prochaines années. Gaisin possède une technique au dessus du lot et a acquis très probablement l’une plus belle passe du monde, il l’a déjà démontré à plusieurs reprises.

Gaisin a les qualités de ses défauts, comme d’autres créateurs d’instinct avant lui, il lui arrive de manquer de calme, voire de clairvoyance dans certains moments clé. Sa défense, bien que solide, peut s’avérer perfectible et coûter cher à son équipe. Mais à 25 ans, ceci n’est pas une tare.

A 31 ans, Yuri Kushnarev (qu’on prononce Kushnariov, comme Gorbatchev) a tout connu avec la Russie : Première sélection à 20 ans, victoire historique en Roumanie en 2007, une Coupe du monde en 2011, un échec en barrage face à l’Uruguay en 2014. Kushnarev est le demi-d’ouverture historique de la Russie émergente, l’homme au 544 points en test matchs. Comment détrôner un tel joueur ?

Kushnarev a pour grande qualité une maîtrise du haut niveau sans équivalent en Russie. Il a acquis des qualités mentales au cours des années qui font de lui un chef d’orchestre de très haut niveau. Et son physique de bûcheron (1,83m, 95 kg) n’est pas un handicap, loin de là.  Kushnarev est également un buteur très fiable. Surtout, il est devenu au fil des années un leader charismatique pour tous les joueurs russes.

Mais Kushnarev n’a jamais vraiment passé un certain cap technique, il n’a jamais eu l’âme d’un artiste créateur non-plus. Sa vitesse d’exécution reste ordinaire pour un joueur professionnel et ses qualités physiques n’ont jamais été son point fort.

Alexander Pervukhin semble préparer doucement la sortie de Kushnarev. L’avènement de Ramil Gaisin se prépare doucement mais sûrement. Dernière preuve en date, après avoir titularisé l’icone en finale aller, Gaisin avait bien le 10 floqué dans le dos lors de la finale retour de RRPL  Les prochaines rencontres de Challenge Cup pourraient définitivement clore le dossier. Quid dès lors de l’avenir de Kushnarev à Enisei…