Enisei-STM : Les secrets d’une réussite

La saison dernière n’avait donc rien d’un « accident ». Un an plus tard, le club de la rive droite de Krasnoyarsk bouscule de nouveau l’ordre établi en s’affichant comme un favori aux quarts de finale. Décryptage d’une révolution en marche.

Une poule pas si relevée ?
Certains se posent la question du niveau réel de cette poule. Qu’en est-il réellement ? Il ne faut pas se tromper, Worcester et Brive ont décidé de jouer cette compétition avec des équipes largement remaniées. Lors de première journée, Worcester s’est déplacé à Moscou avec seulement deux titulaires de Premiership. Brive a fait de même lors de ses déplacement à Newport et Worcester. Par contre, Newport a fait de cette compétition un objectif de sa saison. Ceci donne encore plus de reflet au succès bonifié d’Enisei. Pour autant, il faut rappeler quel est la hiérarchie de Newport dans le rugby ouest européen. Newport est à la peine depuis de longues saisons et n’en finit plus de descendre de niveau. Newport doit désormais batailler avec les franchises italiennes pour éviter la dernière place du Pro 12. Et ces mêmes franchises italiennes n’ont jamais encaissé autant de points au niveau européen (134 pour Zebre en deux matches, 78 pour Trévise)…

La sélection russe dans un club ?
On peut sérieusement se demander si Enisei n’est pas l’équipe de Russie déguisée pour disputer la compétition européenne. Avec le prêt d’Alexei Volkov, la première ligne ressemblait fortement à ce qui peut se faire de mieux en équipe nationale, mais ce dernier a été envoyé en tribune lors du match contre Newport. La charnière est également celle de l’équipe de Russie que ce soit avec Kushnarev ou Gaisin. Quasiment le reste de l’équipe n’a rien à voir avec l’équipe nationale et pour cause, ils ne sont même pas Russes. Un Moldave (Maxim Gargalic) et un Letton (Uldis Saulite) composent la deuxième ligne titulaire, ils sont suppléés par un Ukrainien (Vyacheslav Krasylnyk). Un Géorgien (Mikheil Gachechiladze) et un autre Ukrainien (Vitaliy Orlov) sont titulaires en troisième ligne. Ironie tu nous tiens, le numéro 8 est un ancien international Kazakh devenu Russe en 2015 grâce aux Jeux Olympiques. Le deuxième centre est une star géorgienne (Davit Kacharava). Cette équipe d’Enisei s’est surtout fabriqué avec les plus beaux talents de la région. Cette équipe ne tient pas son unité et sa force de l’équipe nationale, la preuve ultime est son capitaine, le Letton Uldis Saulite.

Des conditions favorables à domicile ?
Il est vrai que les Russes ont bien bluffé en déclarant qu’ils joueraient à Moscou comme à l’extérieur. Il n’en fût rien. Ils bénéficient d’un fort soutien populaire quelque soit l’endroit où ils jouent en Russie. Mais les destinations choisies ont été définis en raison des conditions météo clémentes. Il faisait environ 10 degrés lors des deux premières journées à Moscou et Krasnodar. Et Brive sera reçu sous le climat exceptionnel de Sotchi le 10 décembre. Et si l’on pensait que jouer à Krasnoyarsk changerait la donne,  il faut se rappeler que la seule défaite à domicile d’un club russe au niveau Européen a eu lieu justement à Krasnoyarsk dans des conditions glaciales face au Connacht. Cette donnée pris en compte, on peut sérieusement se demander si ce ne sont pas Brive (mi-décembre), Newport et Worcester (mi-janvier) qui bénéficieront de conditions favorables à domicile…

Une équipe taillée pour plus haut ?
A voir la marge qu’avait Enisei samedi après-midi face aux Gallois, la vrai question à se poser est probablement qui est en capacité d’arrêter les Russes dans la compétition ? La Rochelle, Gloucester, les Ospreys, Cardiff et Édimbourg semblent bien décider à glaner le titre. Si ces derniers doivent affronter Enisei-STM en quarts de finale, ce sera alors l’heure de vérité pour le club russe.